Le protège-tibia, quelle importance me
direz-vous ? Tout cela n'est qu'affaire d'équipement criard pour footeux
décervelés. Juste un bouclier en plastique pour que la barbarie préhistorique
du tacle puisse s'exprimer sans trop blesser l'adversaire. Erreur, car le
protège-tibia est une affaire hautement culturelle. Le symbole d'un football
qui est passé d'un romantisme magnifié à la realpolitik de
préservation du corps devenu enjeu financier. « De l'âge de pierres
vers une autre aventure » comme le
clamait MC Solaar dans le morceau... "Protège-tibia".

Lancée en 1829, The Boat Race est
la plus ancienne compétition sportive du monde encore viable. Pour la 158e fois
cette année, elle a opposé l'Université de Oxford à la non moins prestigieuse
Université de Cambridge. Un duel d'avirons à huit avec barreur au prestige
jamais démenti : près de 300 000 spectateurs sur les bords de la Tamise à
Londres et une diffusion dans 200 pays par le biais de BBC One.
Particularité, les athlètes sont des étudiants, amateurs, qui ne perçoivent
nuls émoluments pour leurs exploits. Seul compte l'honneur de remporter - ou de
ne pas perdre - The Boat Race. Un retour aux sources du
sport ?
Tout commence sur un terrain de handball à
500 mètres du
Financement de l'Euro 2016,
récurrence du dopage, chamboulement de la diffusion du sport, place de
l'activité physique dans l'éducation et résultats de l'élite en dents de scie.
La politique sportive hexagonale est questionnée de toutes parts mais absente
de la campagne présidentielle. Pourtant elle est « un élément
important de l'éducation, de la culture, de l'intégration et de la vie
sociale » selon l'article L100-1 du Code du Sport. Les fondamentaux
de nos sociétés européenne. Tour d'horizon des programmes des principaux
candidats : François Bayrou, François Hollande, Eva Joly, Marine Le Pen,
Jean-Luc Mélenchon et Nicolas Sarkozy.
Journaliste mais aussi écrivain,
Pierre-Louis Basse a quasiment fait l'intégralité de sa carrière à Europe
1 - de 1986 à 2011 - notamment au service sport puis à l'animation
d'émissions culturelles ou d'information. Féru de football, il s'échine à
montrer comment certains événements sportifs et même sociaux sont
« capables de s'inscrire dans l'histoire ». Né à Paimboeuf,
ce Nantais de cœur est notamment l'auteur de ''Guy Môquet, une enfance
fusillée" (éditions Stock, 2000), ''19 secondes 83 centièmes'' (Stock, 2003),
''Séville 82'' (Privé, 2005). Face à la « logorrhée
médiatique », le trop plein autour du sport en général et du football
en particulier, il pointe le besoin, humain, « de lenteur et de
désir ».
Les Argentins en ont rêvé, le gouvernement
argentin l'a fait. Le 20 août 2009, la présidente Cristina Kirchner a signé un
accord avec la Fédération argentine de football (AFA), concédant pour une
décennie la diffusion de la première division argentine à la télévision
publique. Mme Kirchner n'a pas fait les choses à moitié, à l'époque, quitte à
verser dans le populisme. 110 millions d'euros alignés par l'État, grand raout
aux côtés de Diego "El Pibe de Oro" Maradona, trémolos dans la voix et
comparaison avec la dictature militaire de 1976-1983 : « Ils te
séquestrent les buts jusqu'au dimanche comme ils te séquestrent les images et
les mots. Comme ils ont séquestré trente mille Argentins ». Mais
seule compte la vérité du terrain : désormais tous les argentins peuvent voir à
la télévision, sans verser un centime, le clásico opposant à Buenos
Aires Boca Juniors à River Plate.
C'est bien plus qu'un joueur de football
vieillissant, qui vient de signer pour dix-huit mois au Paris Saint-Germain.
David Beckham, 36 ans, est une "marque", exportable bien au-delà de l'Europe
(particulièrement en Asie) pour le club de la capitale française, racheté par
le fonds Qatar Sports Investments (QSI) l'été dernier. Déjà, lors de
ses cinq saisons passées en Espagne, au Real Madrid entre 2003 et 2007, le
natif de la banlieue de Londres aurait rapporté la coquette somme de 440
millions d'euros aux Madrilènes en produits divers. Quasiment six fois le
budget du PSG pour la saison 2010-2011, avant son acquisition par les Qataris.
C'est dire si du côté du Parc des Princes, on est désormais sur une autre
planète financière entraînant, de force, l'ensemble du championnat de France
dans une nouvelle galaxie.
Des confettis dorés inondent le ciel de
Londres, l'hymne de la Ligue des champions rugit, la moitié bleu et grenat du
stade de Wembley exulte. En ce 28 mai 2011, Eric Abidal brandit la coupe aux
grandes oreilles, affublé du brassard de capitaine du FC Barcelone. Eric le
Lyonnais devient Eric le Catalan, deux mois quasiment jour pour jour après
l'annonce d'une tumeur au foie. Un conte de fées narré par les
Blaugranas, une guérison-rédemption saluée par le monde du football.
Le retour à la réalité, ce fut il y a quelques semaines. L'international
français, qui incarne « un nouveau Barça, plus humain »,
selon le directeur sportif du club, Andoni Zubizarreta, hésite à resigner.
Comment ? le fils adoptif devenu prodigue se rebelle ? Officiellement, une
sombre histoire de durée de contrat ; officieusement, une histoire claire de
fiscalité.








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