Blog de Thibault Dumas

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

09 avril 2011

Bandes passantes

Grands yeux bleus, cheveux courts, jean et veste de sport américaine, Nicolas (le prénom a été modifié) a aujourd'hui 27 ans. Il y a dix ans, il intégrait un groupe de supporters ultras d'un club de football français : « Je faisais partie de ce qu'on appelle le noyau du groupe, c'est-à-dire les membres importants ». Cette entrée dans le monde du supporterisme tout autant que dans un groupe de jeunes coïncide avec un échec au baccalauréat et des atermoiements quant à son orientation. Ce n'est pas la testostérone d'une escouade très masculine qui lui plaît mais plutôt un sentiment d'épanouissement collectif : « Je me sentais bien auprès du groupe et j'y ai découvert des amis de tous horizons et à l'époque il y avait vraiment une bonne ambiance ». Le groupe de jeunes gens a sa maison (le local), ses rites (les préparatifs, les déplacements), mais aussi ses turpitudes : altercations, bagarres, caillassages. « La violence? Oui, j'y ai été confronté mais pas aussi souvent qu'on pourrait le penser », précise Nicolas. Des brutalités pour s'affirmer vis-à-vis de l’extérieur mais aussi pour souder la bande en interne.

Lire la suite...

03 mars 2011

Les IUT à l'échafaud

IUT. Trois lettres pour désigner les Instituts universitaires de technologie. Longtemps ces établissements furent méprisés, assimilés à des sous-universités prolongeant dans le supérieur la médiocrité (supposée) des filières technologiques du secondaire. En 44 ans d'existence, les Instituts ont  péniblement redorés leur blason avec un argument imparable : un taux d'insertion professionnel qui rivalise avec la caste des écoles de commerce ou d'ingénieur. Au sortir d'un IUT, il faut en moyenne 3 mois et demi pour trouver un emploi et plus de 76% des contrats signés sont des CDI. De plus, les passerelles vers d'autres formations fonctionnent à plein régime. L'excellence universitaire en somme alors qu'en France, 23,3% des moins de 25 ans sont au chômage. Seule fausse note dans cette belle partition, les IUT pourraient disparaître corps et bien. Un effet collatéral de la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU). Un drame éducationnel (quasi-cinématographique) en 4 étapes.

Lire la suite...

09 décembre 2010

« Là où les gens font leurs courses »

Malgré des revendications éthiques et sociales, le commerce équitable est présent en grande distribution pour toucher une audience massive. Mais à quel prix ? Des exigences économiques, écologiques et de justes répartitions qui ne sont pas toujours appliquées par les grandes enseignes. Certaines marques sont prêtes à faire des concessions. Témoignage d'un businessman éthique qui a fait ce choix, Tristan Lecomte, président-fondateur d'Alter Eco, l'un des leaders du commerce équitable en France qui travaille dans 29 pays de part le monde. Auteur de nombreux ouvrages, il défend un commerce équitable sans barrières, s'ouvrant pleinement à la grande distribution pour toucher ainsi un maximum de consommateurs.

Lire la suite...

03 septembre 2010

Les bretons flingueurs

La reconstitution historique a tous les attributs du théâtre emmerdant : décors kitchs, jeu minimaliste ou outrancier (c'est au choix), spectacle lénifiant... De ce point de vue « l'Hermine noire » est renversante. Cette pièce de théâtre jouée a maintes reprises cet été sur la presqu'ile Guérandaise (région à la lisière de la Bretagne et des Pays de la Loire) met en scène l'histoire de Anne Bretgane et les péripéties du rattachement (ou de la résistance diront certains) de la Bretagne à la France. Emmerdant ? Pourtant le cocktail est pétaradant : sex, war and politics au Pays Bigoudin. On couche, on flingue et on conspire à tour de bras. Le tout donne une sorte de Tontons flingueurs sur planches ou de Tarantino au Moyen Age, tant pour les dialogues que pour les fusillades.

Lire la suite...

28 juillet 2010

Voir Strasbourg mourir

Une foule de supporters bariolés de ciel et blanc, des verres de bière à toutes les mains, des chants a n'en plus finir... L'unique entrée du Stade de la Meinau de Strasbourg est un goulet d'étranglement humain. On pénètre ensuite dans l'arène, forcément immense quand on la découvre avec ses yeux d'enfant. Puis on se place debout dans le quart de virage - point de places assises en catégorie « populaire » à cette époque - alors qu'en face les ultras strasbourgeois des UB90 rugissent déjà. On aimerait en être. Les équipes rentrent sur le terrain, les tifos et les fumigènes recouvrent toutes les tribunes de la Meinau. C'est un derby RC Strasbourg contre FC Metz, le stade est comme en fusion. 90 minutes plus tard l'enceinte explose : ce 11 avril 1995 Strasbourg va en finale de Coupe de France en s'imposant 1-0. 14 mai 2010, soit 15 ans plus tard, le RCS descend en National et flirte avec la rétrogradation administrative en CFA.

Lire la suite...

14 mars 2010

Le spleen du supporter du PSG

« Le PSG, tu te fais chier 90 minutes, et puis ensuite tu rêves pendant une semaine ». Les pathétiques errements sarkozystes de l'ex-Nul Dominique Farrugia n'ont pas altéré sa drôlerie. Oui, être supporter du PSG c'est s'infliger une souffrance footballistique larvée et une détestation généralisée. Car l'arrogante agressivité du club de la capitale démultiplie la motivation des formations provinciales pour battre les « parigos ». Pendant ce temps l'ennemi olympien a créé une empathie tous azimuts sur un seul exploit (la Ligue des Champions 1993) et un bouillonnement populiste continue. Mais le supporter du PSG s'en fout car il sait que pendant la piteuse décennie 1998-2008 sur le plan du jeu, le PSG a ajouté cinq lignes à son palmarès quand les sudistes ne glanaient qu'une minable Coupe Intertoto. Pauleta a il est vrai sauvé le PSG du déshonneur décanal avec son impitoyabilité dans les 18 mètres et Dhorasso a eu la bonne idée de planter son seul pion sous le maillot bleu et rouge en finale de la Coupe de France 2006 face à... l'OM.

Lire la suite...

11 février 2010

Ces écologistes du bout du monde

Naviguer dans les eaux glacées de l'Antarctique pendant plus de trois mois. S'aventurer dans une nature grandiose mais féroce bien au delà des 40e rugissants et des 50e hurlants. Effectuer une course-poursuite incertaine de plus de 17 000 miles nautiques. Tout cela dans le but (d'essayer) de trouver et de contrecarrer une flotte de baleiniers japonais qui chasse avec brutalité des cétacés protégés - en invoquant sans coup frémir la recherche scientifique. Dans l'excellent documentaire « Milles Baleines - Le combat de Greenpeace » , l'allemande Angela Grass nous fait vivre cette aventure de l'intérieur à bord de  l'Esperenza, l'un des navires de l'organisation écologiste Greenpeace. Ni bêtement partisan, ni lourdement racoleur, le film tire de cette auberge espagnole flottante une fine mosaïque de portraits.

Lire la suite...

28 janvier 2010

La permanence exitentialiste

L'existentialisme c'est d'abord une claque. Lire la philosophie de Jean-Paul Sartre - comme ce fut le cas pour moi à l'âge de 18 ans -  c'est s'ouvrir le champ des possibles. Face à des pensées rigides (Marx, Kant), angoissées (Pascal, Kirkegaard) ou apparaissant comme passéistes, l'existentialisme se révèle être une doctrine vivifiante, une dialectique de la liberté et de l'engagement. En cela l'existentialisme est un humanisme plein et entier, loin du sens classique qu'on le donne à ce terme. « L'Existentialisme est un humanisme » c'est d'ailleurs le nom d'une conférence que Sartre a donné le 29 octobre 1945 à la salle des Centraux dans une ambiance électrique - décrite par Boris Vian dans « L'Écume des jours » - qui devint ensuite un livre. Ce condensé philosophique outrepasse la richesse abrupte et inaccessible de « L'Être et le néant » pour aller à l'essentiel tout en répondant aux critiques acerbes. Sartre, lui même prendra par la suite distance avec le texte, considérant que l'exposé philosophique n'y était que trop sommaire.

Lire la suite...

- page 2 de 5 -