Blog de Thibault Dumas

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27 mars 2009

L'autoliquidation du travaillisme israélien

« Aujourd'hui nous verrons si le Parti travailliste cède au reniement de Barak et s'autoliquide ». Yoel Marcus, éditorialiste au journal israélien Haaretz avait prévenu. L'enterrement du travaillisme israélien a bien eu lieu. C'est Ehud Barak, pianiste émérite, qui en a joué la marche funèbre. Pour satisfaire ses ambitions personnelles. Pour servir d'alibi et d'écran de fumée à une coalition de droite très dure Netanyahu-Liebermann. Pour pérenniser son poste de ministre de la Défense. Pour cacher le fait que c'est un piètre stratège politique. Barak a eu le culot de se comparer à Moshe Dayan, qui avait rejoint le gouvernement de droite de Begin en 1977. Mais celui-ci avait été courageux. Il avait quitté le Parti travailliste. Il se sentait obligé de faire la paix après l'échec de la Guerre du Kippour qui l'avait rendu dépressif.

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23 janvier 2009

La voix des travailleurs américains

Raul Solis et Juana Sequeira-Solis forment un souriant couple de retraités. Lui est originaire du Mexique, elle du Nicaragua. Tous deux ont émigrés aux États-Unis, ou ils se sont rencontrés puis mariés en 1953. Ils ont longuement travaillés comme ouvriers, lui dans une usine de recyclage, elle sur les chaînes de montage de Mattel. Très engagés dans les syndicats Teamsters et United Rubber Workers, ils n'ont jamais cessé de croire en une Amérique plus juste et généreuse. Alors quand Barack Obama et son administration rentrent à la Maison Blanche ce 20 janvier 2009, ils sont très émus. Doublement émus même, car leur fille Hilda Solis devient à 51 ans la secrétaire au Travail des États-Unis d’Amérique.

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13 janvier 2009

Artisans de la paix en temps de guerre

Les bombes et les missiles israéliens pleuvent sur Gaza. Les roquettes du Hamas tombent sur le Sud d'Israël. La disproportion guerrière de Tsahal, la violence et le désastre humain sont tels, que devant le flot incessant et répétitif des images cela en devient banal. L'horreur absolue, la guerre devient banale. En France, ce sont les préjugés qui pleuvent. La bêtise extrémiste et communautariste (d'ou qu'elle vienne) à voix au chapitre : « Dis moi qui tu es, je te dirais qui tu soutiens ». C'est ying contre yang, noir contre blanc, bloc contre bloc, pro-israéliens contre pro-palestiniens. Peu importe la recherche de la paix, l'important est de s'indigner le plus possible en faveur d'un « camp », et de faire le lit des plus extrémistes. Dans ce chaos réel (là-bas) comme verbal (ici), certains ont le courage d'être à contre-courant. D'être des artisans de la paix et de la justice en temps de guerre.

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08 janvier 2009

La folie guerrière

« Pluie d'été » contre « Plomb durci ». Les noms des opérations militaires de Tsahal changent, la folie guerrière reste. Les similitudes avec le conflit du Sud Liban en 2006 sont démoralisantes. La pratique de la terreur meurtrière par les tirs de roquettes (hier du Hezbollah aujourd'hui du Hamas), les représailles d'une violence inouïe par l'armée israélienne. Entre les deux, les gazaouis, appauvrient par les uns pour être tués par les autres. Le blocus, l'enclavement entre l'Égypte et Israël, le conflit Hamas / Fatah, la guerre maintenant, tout consacre l'agonie de Gaza tout autant que la désagrégation de l'unité palestinienne. Le Hamas pourtant affaiblit depuis son arrivée au pouvoir, se retrouve revigoré par cette guerre. Plus simple de jouer les martyrs terroristes en temps de guerre, que de redistribuer les richesses et dialoguer pour faire la paix. La disproportion belliciste de Tsahal est tout aussi alarmante. Les extrémistes va-t-en guerre israéliens comme palestiniens semblent avoir des intérêts communs à ce conflit meurtrier.

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14 décembre 2008

Du néo-conservatisme au paléo-conservatisme

« Les fondamentaux des républicains sont tels, qu'ils ont 20 ans de victoires devant eux ». Voila ce que l'on pouvait entendre, de la part de nombreux commentateurs, au lendemain de la réélection de Bush contre Kerry en 2004. On mesure ainsi le chemin parcouru par Obama et les démocrates depuis. Mais alors que le monde entier se penche sur l'équipe et la politique du nouveau président, il est pertinent de regarder du côté des battus : la droite républicaine. Il faut reconnaitre que McCain fut tout en dignité dans la défaite, contrastant avec une campagne dure et populiste (merci Sarah Palin). Les « robot calls » annonçant le soutien de Fidel Castro à Obama la veille du vote resteront dans les anales de l'histoire américaine. Mais finalement le plus alarmant pour les républicains c'est que même en choisissant le candidat le plus apte à capter les indépendants, le plus critique des années Bush, ils ont subit une lourde défaite. Après cette débâcle en 2008, avec le fiasco du néo-conservatisme, quelle nouvelle synthèse idéologique peuvent choisir les républicains ?

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05 novembre 2008

Docteur Barack et Mister Obama

C'est un matin très froid et humide de janvier 2008 dans l’Illinois, les températures sont négatives et David Plouffe comme David Axelrod, têtes pensantes de la campagne d'Obama, sont refroidies. Le National Journal, vénérable magazine politique américain, vient de publier sa 27ème étude annuelle sur les parlementaires américains. Le résultat est sans appel : elle place le sénateur Obama comme le plus à gauche des États-Unis sur la base de ses votes en 2007. Soi-disant un handicap incompressible pour se faire élire dans ce pays ou le mot « liberal » (de gauche) est revendiqué par 20 % des américains contre 40 % qui se disent « conservative ». Jusqu'à l'élection, le staff démocrate a passé sous silence cette étude pour privilégier à côté du discours de gauche de transformation (« change »), une image modérée. Cela n’a pas empêché une « landslide victory » d'Obama ce 4 novembre, historique depuis 1976 (pour les démocrates) et depuis 1908 (pour la participation). Dans ce moment émouvant, la période noire des années Bush défile en nous. Un cycle ultra-conservateur entamé en 1980 se referme, faire le changement devient possible. Pourtant il y a toujours cette question essentielle : qui sera le prochain président américain ? Docteur Barack qui renouvelle le progressisme américain ou Mister Obama rassembleur centriste ?

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16 octobre 2008

J'ai déjà voté pour Barack Obama

Étrange sensation que celle de voter par anticipation, 21 jours avant la « big election night ». La règle est simple : l'enveloppe contenant le bulletin de vote doit arriver avant la fermeture de son bureau de vote référant aux États-Unis le 4 novembre. 30% des américains auraient optés pour ce mode de vote en avance. Avec des sondages aujourd'hui très favorables à Obama, il y a de quoi encore creuser le trou dans lequel s'enfonce le ticket Palin-McCain. Rétrospectivement on peut diviser la campagne du démocrate en 3 phases : l'outsider fascinant (février 2007 - janvier 2008), l'icône politique (février 2008 - août 2008) et le régulateur crédible (septembre 2008 - novembre 2008). C'est bien sûr la transition entre la phase 2 et 3 qui fut la plus délicate pour le canidat progressiste. Aprés cette longue campagne, ces 1,36 milliards de dollars levés, ces arguments valeureux comme crasseux échangés, tout a été dit. Les américians vont voter plus informés que jamais, surinformés même. Les États-Unis sont à la veille d'un point de rupture de leur histoire. Les démocrates peuvent obtenir une « landslide victory » inédite qui changerait à coup sûr la face du pays (avec toutes les difficultés et désillusions que cela implique). En perdant ils pourraient aussi enfoncer les USA dans une crise totale (un pays « qui vire au noir » selon l’économiste Paul Krugman), l'une des plus graves depuis 1776. A chacun d'être responsable.

05 octobre 2008

Chassez le naturel de Sarah Palin...

C'est une anecdote qui concerne l'ancien président du Sénat français Christian Poncelet. Âgé de 80 ans, ses collaborateurs étaient obliger d'écrire mot pour mot ce qu'il devait dire pour n'importe laquelle de ses interventions publiques, fut-elle banale. Sarah Palin a elle 44 ans et dans le débat des « VP » qui l'a opposé à John Biden elle a répété mot pour mot ce qu'elle avait apprit par cœur et écrit pendant des jours dans un ranch avec l'équipe de campagne McCain. Selon moi 80-90% de ce qu'elle a dit était exactement écrit noir sur blanc auparavant, et pour un débat qui a duré 90 minutes c'est d'une certaine façon une performance de mémorisation (avec l'aide de fiches). Pendant qu'elle parle, pas un regard pour Biden ni pour la présentatrice Gwen Ifill, Palin est rivée vers la caméra telle une bonne élève qui récite son texte. C'est donc une Sarah Palin lissée, amputée de ses (grosses) lacunes mais aussi de ses qualités pour l'électorat mid-west conservateur. Le but était pour l'équipe de McCain de ne pas sombrer à défaut de ne pouvoir faire match nul, encore moins de gagner ce débat.

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