Blog de Thibault Dumas

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23 janvier 2010

Le PG ou la gauche morcelée

Bonnet enfoncé sur la tête, barbe de trois jours trahissant un tropisme boboïsant et l'Huma Dimanche fièrement mis au devant de la poitrine. Sur un marché parisien, ce militant communiste, la trentaine, a l'assurance et le calme de ceux dont les convictions sont inébranlables. Cet idéalisme quasi-béa n'empêche en rien l'ultra-réalisme électoral, au contraire : « Il faut être honnête, le Parti de gauche nous sert juste a grappiller les 1 ou 2 points qui nous manquent pour être sûr d'être au dessus de la barre des 5% ». Après une pause, il poursuit : « Ce sont rien d'autre que des chieurs, il faut voir comment ils nous ont emmerdé pour les listes aux régionales, résultat c'est un bordel incompréhensible ». Depuis sa création en février 2009, le Parti de gauche (PG) a fait de « l'union de l'autre gauche » la mère de toutes les batailles. Dans les faits, partout ou il passe, la gauche radicale – et même la gauche tout court – est encore un peu plus morcelée.

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14 janvier 2010

Rénovation et vieux démons

Les entreprises humaines sont vouées à disparaître, les organisations politiques peut-être plus que les autres. Le Mouvement des jeunes socialistes créé en 1993 est au bord du gouffre. Parler des jeunes socialistes, c'est déjà s'adresser à un public extrêmement restreint, une « niche » politique de 5300 militants aujourd’hui alors que l'organisation affirmait en avoir 10 000 au lendemain du mouvement anti-CPE. Au congrès de Grenoble les 20, 21 et 22 novembre dernier le MJS avait l'ambition de porter « la gauche au sommet ». Mieux, depuis lors sa nouvelle présidente Laurianne Deniaud prétend faire table rase du passé au sein de l'organisation, jouant à fond la partition du « plus rénovateur que moi tu meurs ». Les jeunes socialistes peuvent-ils vraiment se rénover ?

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05 octobre 2009

La rénovation jusqu'au bout

C'est fait. Les camarades socialistes ont fourni à la direction du PS la décoration, l’outillage et la quincaillerie de la rénovation. Martine Aubry, telle une Valéry Damido du socialisme, à maintenant un mandat clair pour ravaler la « vielle maison » socialiste. La participation, enjeu de cette consultation interne, a été décevante à Paris mais importante en province. Plus de 92 000 militants qui se déplacent pour un projet positif, c’est un signal fort. Aucune autre force politique française ne peut se targuer d’une telle puissance démocratique. En nombre de militants c’est un record pour un référendum interne depuis 1995, excepté de vote houleux sur le TCE à l’automne 2004. Les tentatives de déstabilisation de certains barons conservateurs (sur le non-cumul des mandats), ou autres apparatchiks (sur les primaires à gauche) ont été balayées avec respectivement 68% et 72% des voix.

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11 septembre 2009

La quadrature du cercle écologiste

Le vert est à nouveau tendance. Alors qu'il y a encore deux ans les Verts étaient une espèce en voie de disparition politique, il sont aujourd'hui dans un cycle de régénération depuis leur éclosion électorale au sein d'Europe écologie (EE) lors des européennes du printemps dernier (16,28 % simplement à 0,2% du Parti socialiste). Fini les querelles intestines à n'en plus finir des Verts. Au diable les divisions historiques du mouvement écologiste entre : associatifs et politiques, apolitiques et progressistes, réalistes et radicaux. Les écologistes en général et les Verts en particulier sont sur un petit nuage, qui plane très haut dans le ciel politique français. Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, nie toute ébriété électorale prônant « beaucoup de modestie, beaucoup de responsabilité ». Et les écolos en auront besoin car ils font face à une véritable quadrature du cercle.

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18 juillet 2009

Un petit effort camarade Montebourg

Éloquence de l'avocat, œil charmeur et accent bourgeois. On a tendance à ne voir en Arnaud Montebourg qu'un ambitieux éléphanteau socialiste de plus. Pourtant il ressemble terriblement au François Mitterrand dénonçant en 1964 « Le Coup d'État permanent » gaulliste. Surtout le député de Saône-et-Loire a mené en 10 ans trois combats qui ont revigorés la gauche : la Convention pour la 6e République (C6R), la mission parlementaire contre le blanchiment d'argent en Europe, le rapport pour des primaires « ouvertes et populaires » à gauche. Malgré ses « bifurcations » politiques, Arnaud Montebourg est utile à la gauche et indispensable au PS. Le « jeune lion » socialiste doit donc respecter le mandat unique parlementaire en démissionnant de la présidence du conseil général de Saône-et-Loire.

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12 mai 2009

Pour une fois Manuel Valls a raison

Ah, le nombre de soirées passées à fulminer contre les positions droitières de Manuel Valls ! À s'égosiller contre le tressage de lauriers pro-Sarkozy du député-maire d'Evry. À être vert de rage après le torpillage en règle du Printemps des libertés du PS et mort de honte du fait de sa présence dans le cortège d'un 1er mai tout sauf honteux pour les socialistes. Alors quand Valls a raison autant le dire. Oui la gauche doit devenir « post-Lang » en matière de culture. Le droit d'inventaire du mitterandisme ne souffre d'aucune exception. Assez de cette bien pensance issue des années 1980 qui conduit à soutenir l'inique loi HADOPI en 2009. Comme l'a dit l'association RéSo « (...) ce texte porte frontalement atteinte aux libertés individuelles et n’apporte aucune solution aux problèmes posés au monde culturel par les évolutions technologiques ». Le vrai combat de gauche c'est celui pour une culture des créations qui s'émancipe du carcan du marché. Le vrai combat de gauche c'est celui pour des cultures accesibles à tous, notamment aux classes populaires.

10 mai 2009

Le retour de la stratégie du radis

Dans son éditorial du 4 mai 2009 dans Libération, Laurent Joffrin est limpide: le Parti socialiste doit s’allier avec le MoDem dans une « grande coalition de l’après sarkozysme ». Cette stratégie en dehors d’une « combinaison d’appareils », qui intégrerait aussi les gaullistes sociaux et les écologistes serait la seule à même d’empêcher un second mandat de Nicolas Sarkozy. Mieux, par l’adoption d’une stratégie verticale peuple contre élites, en lieu et place d’une opposition horizontale gauche contre droite, on abattrait le néo-libéralisme chancelant. Le côté « pavé dans le mare » de cet édito ne doit pas effacer sa principale portée. Le retour anachronique de la stratégie du radis façon radical-socialisme. Le rouge dehors (l’après Sarkozy, l’après libéralisme), blanc dedans (le pot-pourri politique, le centrisme).

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29 avril 2009

Le Mouvement des jeunes socialistes meurt-il ?

La dernière grande campagne du Mouvement des jeunes socialistes ? Un bide passé sous silence. « C’est pas notre guerre !!! », contre l’envoi supplémentaire de troupes françaises en Afghanistan a tout juste récolté quelques centaines de signatures. Aujourd’hui le site de la campagne a fermé, sans laisser de traces, même chez l'agence Zenhysteria qui l'a conçu. Une erreur politique isolée ? Non. Le journal officiel du MJS, « Le temps des conquêtes », ne fonctionne plus. Tout juste sert-il à envoyer les textes officiels des congrès. Le président du mouvement depuis 2007, Antoine Detourné, est transparent. Les trois quarts des socialistes sont incapables de citer son nom. Le MJS fondé en 1993 se meurt-il ?

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