
« Les Italiens sont des Français de
bonne humeur » disait Jean Cocteau. Le 26 avril dernier, à Rome, lors du
vingt-neuvième sommet franco-italien, cette bonne humeur se lit sur les visages
du président de la République Nicolas Sarkozy comme du président du Conseil
Silvio Berlusconi. Le traité de Schengen ? A réviser disent d’une seule voix
les deux chefs d’États. L’OPA du groupe français Lactalis sur l’italien
Parmalat ? Les deux pays souhaitent « créer de grands groupes internationaux
franco-italiens, italo-français » répond Silvio Berlusconi. La candidature de
l’Italien Mario Draghi à la tête de la Banque centrale européenne (BCE) ? «
Nous ne le soutenons pas parce qu’il est Italien, nous le soutenons parce que
c’est un homme de qualité » affirme Nicolas Sarkozy. Un numéro digne des plus
grandes heures de la commedia dell’arte. Derrière les masques politiques, de
nombreux achoppements entre les deux cousins transalpins. Petit abécédaire.

« Honnêtement, j'ignore presque tout d'Anzhi
» concède l'international marocain Mbark Boussoufa en conférence de presse, «
les grands noms que le club a attirés et les contrats qu'il leur offre
traduisent leurs grandes ambitions » ajoute-il un rien mercantile. Anzhi, c'est
le FC Anzhi Makhachkala, club russe du Daguestan (Nord-Caucase), que le milieu
offensif a soudainement rejoint cet hiver moyennant un salaire de 2,5 millions
d'euros par an. Boussoufa, qui enchantait jusqu'ici le RSC Anderlecht
ainsi que le championnat de Belgique de football (soulier d'or en 2006 et
2010), intègre un effectif de 28 joueurs comprenant 15 étrangers. Le nouveau
capitaine d'Anzhi, fraichement arrivé lui aussi, est Roberto Carlos, champion
du monde en 2002 avec le Brésil. Le Caucase est bien le nouvel eldorado du
football.
Nous sommes en 2011, toute l'Union
européenne est dirigée par des capitalistes… Toute ? Non ! Car une
île peuplée d'irréductibles collectivistes résistent encore et toujours à
l'impérialisme et au capitalisme. La République de Chypre, ses 780 500
habitants, sa superficie proche de celle de la Corse… et son pouvoir
communiste. Le Parti progressiste des travailleurs (AKEL) et son poing auréolé
d'un marteau, dominent depuis une décennie la scène politique de Chypre, l'île
au drapeau orné de deux branches d’oliviers et d'une carte couleur cuivre. Le
président Dimitris Christofias, élu aux élections présidentielles de février
2008, est le seul et unique chef d’État communiste au sein de l'Union
européenne. Un vestige soviétisant au milieu de la Méditerranée.
Mieux que les Experts de Las Vegas, Miami ou New
York, il y a les agents de la Commission européenne et de la Banque centrale
européenne (BCE) en Grèce. Depuis 3 semaines, main dans la main avec ceux du
Fonds monétaire international (FMI), ils effectuent des descentes dans les
ministères grecques « dépensiers ». Ces limiers épluchent les
comptes, dissèquent les dépenses et font la traque au gaspillage. Car le plan
d'austérité du gouvernement de George Papandreou - qui obéit aux
recommandations du FMI et de l'UE – vise à économiser 30 milliards d'euros sur
3 ans. Soit une réduction du déficit budgétaire de 8,1% du PIB aujourd'hui à
2,6% du PIB en 2013. L'Europe se fait ainsi gardienne du temple de l'orthodoxie
budgétaire grecque. Un réveil bien tardif.
Aux
premiers jours de l'été 2009, tous les projecteurs se sont braqués sur la
petite ville de Hénin-Beaumont dans le Nord de la France. La République toute
entière a tremblé à l’occasion d'une municipale partielle dans cette commune de
26 000 habitants du Pas-de-Calais. L'extrême droite qui laboure depuis 15 ans
cette terre ouvrière sur le déclin sera passée à 528 voix d'une victoire
symbolique retentissante. Ce résultat confirme que si depuis 2007 le Front
national est affaiblit électoralement, il prospère idéologiquement. Son
national-populisme s'est dissout dans le sarkozysme triomphant. A l'échelle de
l'Europe la situation est encore plus préoccupante, l'ultra droite dans sa
version la plus xénophobe et fascisante connaît partout sur le vieux contient
une seconde jeunesse. Dans 18 pays européens elle est à son plus haut niveau
historique tandis que dans 5 d'rntre eux elle est au pouvoir avec la droite
libérale-conservatrice (Italie, Danemark, Suisse, Slovaquie et Lettonie).
Bruno Le Maire est un homme politique
respectable. Ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin de 2005 à
2007, ce germanophone aux qualités littéraires remarquables incarne une
certaine droite sociale déformée par l’offensive du néo-libéralisme
(typiquement l’épisode du CPE). Son passage au secrétariat d'État en charge des
Affaires européennes (de décembre 2008 à juin 2009) fut largement
instrumentalisé par Nicolas Ier en vue des élections européennes et de la
nouvelle Commission européenne, mais personne ne remet en cause son européisme.
Car Bruno Le Maire est europhile autant que son successeur aux Affaires
européennes Pierre Lellouche est atlantiste. Le député UMP de Paris est en
effet un véritable ayatollah néo-conservateur, l’homme le plus bushiste de la
classe politique française.
« Une triste soirée pour la
social-démocratie » selon Martin Schultz, président du groupe socialiste
au Parlement européen. Un euphémisme, même à froid. La gauche social-démocrate
européenne est en lambeaux (21,5% des voix), tandis que la gauche ex-communiste
rétrécie (4,3%) comme peau de chagrin et que les écologistes pèsent encore peu
(7,2%). Un raz de marée bleu aux reflets gris a déferlé partout en Europe à
l’exception de la Grèce, Malte, le Danemark et la Suède qui flottent tels des
radeaux de survie rose. Le PPE libéral-conservateur, culmine à 35,9% des voix,
tiré vers la droite par le sarko-berlusconisme et une extrême droite europhobe
qui fait une percée aux alentours de 12,5%. On ne saurait élucider la défaite
encore plus cruelle du PS en France par de simples explications nationales. Les
mines déconfites des camardes socialistes, les séances d’auto-flagellation des
cadres du PS sont le reflet d’une gauche européenne profondément en crise.
Les élections européennes c’est un peu
comme l’histoire de la poule et de l’œuf. On ne sait qui des citoyens ou des
médias se sont désintéressés en premier de ce scrutin. Mais la réalité
démocratique est la. Depuis la première élection directe du Parlement européen
l’abstention n’a eu de cesse d’augmenter : de 39,3% en 1979 à 57,2% en
2004. Ce phénomène n’est pas spécifique à la France puisque lors de ces
dernières élections l’abstention était de 55,5% en moyenne dans l’Union
européenne. Pourtant l’enjeu est crucial à l’aune d’une crise capitaliste d’une
rare violence, particulièrement pour les salariés et la jeunesse européenne. Il
y a urgence à renouer avec le fil d’une Europe sociale et démocratique, à
combattre le fanatisme libéral, qui sous les bons mots est toujours aussi
virulent en Europe. Voici 4 raisons de voter pour les listes du Parti
socialiste européen le 7 juin.





