Mieux que les Experts de Las Vegas, Miami ou New
York, il y a les agents de la Commission européenne et de la Banque centrale
européenne (BCE) en Grèce. Depuis 3 semaines, main dans la main avec ceux du
Fonds monétaire international (FMI), ils effectuent des descentes dans les
ministères grecques « dépensiers ». Ces limiers épluchent les
comptes, dissèquent les dépenses et font la traque au gaspillage. Car le plan
d'austérité du gouvernement de George Papandreou - qui obéit aux
recommandations du FMI et de l'UE – vise à économiser 30 milliards d'euros sur
3 ans. Soit une réduction du déficit budgétaire de 8,1% du PIB aujourd'hui à
2,6% du PIB en 2013. L'Europe se fait ainsi gardienne du temple de l'orthodoxie
budgétaire grecque. Un réveil bien tardif.
Aux
premiers jours de l'été 2009, tous les projecteurs se sont braqués sur la
petite ville de Hénin-Beaumont dans le Nord de la France. La République toute
entière a tremblé à l’occasion d'une municipale partielle dans cette commune de
26 000 habitants du Pas-de-Calais. L'extrême droite qui laboure depuis 15 ans
cette terre ouvrière sur le déclin sera passée à 528 voix d'une victoire
symbolique retentissante. Ce résultat confirme que si depuis 2007 le Front
national est affaiblit électoralement, il prospère idéologiquement. Son
national-populisme s'est dissout dans le sarkozysme triomphant. A l'échelle de
l'Europe la situation est encore plus préoccupante, l'ultra droite dans sa
version la plus xénophobe et fascisante connaît partout sur le vieux contient
une seconde jeunesse. Dans 18 pays européens elle est à son plus haut niveau
historique tandis que dans 5 d'rntre eux elle est au pouvoir avec la droite
libérale-conservatrice (Italie, Danemark, Suisse, Slovaquie et Lettonie).
Bruno Le Maire est un homme politique
respectable. Ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin de 2005 à
2007, ce germanophone aux qualités littéraires remarquables incarne une
certaine droite sociale déformée par l’offensive du néo-libéralisme
(typiquement l’épisode du CPE). Son passage au secrétariat d'État en charge des
Affaires européennes (de décembre 2008 à juin 2009) fut largement
instrumentalisé par Nicolas Ier en vue des élections européennes et de la
nouvelle Commission européenne, mais personne ne remet en cause son européisme.
Car Bruno Le Maire est europhile autant que son successeur aux Affaires
européennes Pierre Lellouche est atlantiste. Le député UMP de Paris est en
effet un véritable ayatollah néo-conservateur, l’homme le plus bushiste de la
classe politique française.
« Une triste soirée pour la
social-démocratie » selon Martin Schultz, président du groupe socialiste
au Parlement européen. Un euphémisme, même à froid. La gauche social-démocrate
européenne est en lambeaux (21,5% des voix), tandis que la gauche ex-communiste
rétrécie (4,3%) comme peau de chagrin et que les écologistes pèsent encore peu
(7,2%). Un raz de marée bleu aux reflets gris a déferlé partout en Europe à
l’exception de la Grèce, Malte, le Danemark et la Suède qui flottent tels des
radeaux de survie rose. Le PPE libéral-conservateur, culmine à 35,9% des voix,
tiré vers la droite par le sarko-berlusconisme et une extrême droite europhobe
qui fait une percée aux alentours de 12,5%. On ne saurait élucider la défaite
encore plus cruelle du PS en France par de simples explications nationales. Les
mines déconfites des camardes socialistes, les séances d’auto-flagellation des
cadres du PS sont le reflet d’une gauche européenne profondément en crise.
Les élections européennes c’est un peu
comme l’histoire de la poule et de l’œuf. On ne sait qui des citoyens ou des
médias se sont désintéressés en premier de ce scrutin. Mais la réalité
démocratique est la. Depuis la première élection directe du Parlement européen
l’abstention n’a eu de cesse d’augmenter : de 39,3% en 1979 à 57,2% en
2004. Ce phénomène n’est pas spécifique à la France puisque lors de ces
dernières élections l’abstention était de 55,5% en moyenne dans l’Union
européenne. Pourtant l’enjeu est crucial à l’aune d’une crise capitaliste d’une
rare violence, particulièrement pour les salariés et la jeunesse européenne. Il
y a urgence à renouer avec le fil d’une Europe sociale et démocratique, à
combattre le fanatisme libéral, qui sous les bons mots est toujours aussi
virulent en Europe. Voici 4 raisons de voter pour les listes du Parti
socialiste européen le 7 juin.
Le 17 février dernier, l'Assemblée
nationale française votait à l’unanimité la création d'une allocation
d'accompagnement de la fin de vie. Des rangs de la gauche communiste,
écologiste et socialiste, en passant par ceux du centre, jusqu’à la majorité de
droite UMP, la réforme est soutenue par toute la représentation nationale.
C’est un progrès indéniable, bien qu'insuffisant, dans l’approche qu’a la
société française de la fin de vie. A l’inverse, en Italie, la droite
berlusconienne s'acharne et la société transalpine se déchire autour du cas
d'Eluana Englara. Cette jeune femme de 38 ans, dans le coma depuis 1992, a
obtenu (par le biais de sa famille) le droit à mourir auprès de la Cour de
cassation italienne. Elle est décédée le 8 février dernier à la clinique
« la Quiete » à Udine.
Le
temps est à la nation. Henri Guaino refait avec Nicolas Sarkozy le coup du
nationalisme cocardier voir du néocolonialisme comme jadis le duo
Garaud-Juillet l'avait fait avec Jacques Chrirac. Il y a six mois, Ségolène
Royal dégaine (à la stupéfaction générale) le drapeau tricolore, la
Marseillaise et rengaine le drapeau européen comme l'Internationale. Même le
rugby sport collectif et solidaire par essence, est réduit à un magma de
chauvinisme par le rouleau compresseur TF1. Le temps est à la nation et au
nationalisme. Il faut donc plus que jamais parler d'Europe et porter un nouvel
idéal européen : progressiste, social et démocratique.
"L'Angleterre est le pire pays développé pour les enfants qui y
grandisse". Qui est l'auteur de ces phrases ? La Parti conservateur britannique
? L'extrême gauche anglaise ? Des anglosceptiques notoires ? Non, une étude de
l'UNICEF sur la pauvreté infantile dans les pays développés, passée inaperçue
en France, qui y place l'Angleterre au dernier rang juste derrière les
États-Unis. C'est selon moi la l'ultime démonstration de l'échec du néo
travaillisme anglais : échec social mais aussi européen et international.
C'est la défaite de cette digestion de l'héritage thatchérien par
l'institutionnalisation d'une société précaire et inégalitaire en échange de
quelques gouttes de justice sociale. C'est la défaite de l'opportunisme
politique articulé par le "spindoctoring" à outrance.





