
4 heures, un froid matin de novembre. La nuit est
noire, la lune brille à peine, seuls les lampadaires et les feux tricolores
illuminent la chaussée. Nantes est désert. Pourtant, un étrange balai se met
doucement en place du côté de l'île Beaulieu. Des camions et des utilitaires
par dizaines convergent irrémédiablement vers l'entrée du Marché d'intérêt
national (MIN) de Nantes, tels des abeilles vers une ruche. Une nuée blanche
qui s'agglutine devant les barrières du 58 Boulevard Gustave Roch, entraînant
l'engorgement temporaire des rues avoisinantes. Pas d’énervement mais de la
concentration sur les visages au hâle encore gris de ces conducteurs nocturnes.
Le marché aux fruits et aux légumes va débuter dans quelques minutes, à 5
heures précises - plutôt 4h55 aux dires des habitués. Patrice Mariot, le
responsable de marché, et Christophe Courant, employé en charge de l'accueil
(par roulement), sont postés devant la cahute d'entrée. Les barrières oranges
se lèvent. « Voilà, le marché est ouvert, maintenant, ils vont tous aller faire
leurs achats », dit calmement Patrice, « Vous entrez dans une "ville dans la
ville", comme on dit », ajoute Christophe.

C'est bien plus qu'un joueur de football
vieillissant, qui vient de signer pour dix-huit mois au Paris Saint-Germain.
David Beckham, 36 ans, est une "marque", exportable bien au -delà de l'Europe
(particulièrement en Asie) pour le club de la capitale française, racheté par
le fonds Qatar Sports Investments (QSI) l'été dernier. Déjà, lors de
ses cinq saisons passées en Espagne, au Real Madrid entre 2003 et 2007, le
natif de la banlieue de Londres aurait rapporté la coquette somme de 440
millions d'euros aux Madrilènes en produits divers. Quasiment six fois le
budget du PSG pour la saison 2010-2011, avant son acquisition par les Qataris.
C'est dire si du côté du Parc des Princes, on est désormais sur une autre
planète financière entraînant, de force, l'ensemble du championnat de France
dans une nouvelle galaxie.
Des confettis dorés inondent le ciel de
Londres, l'hymne de la Ligue des champions rugit, la moitié bleu et grenat du
stade de Wembley exulte. En ce 28 mai 2011, Eric Abidal brandit la coupe aux
grandes oreilles, affublé du brassard de capitaine du FC Barcelone. Eric le
Lyonnais devient Eric le Catalan, deux mois quasiment jour pour jour après
l'annonce d'une tumeur au foie. Un conte de fées narré par les
Blaugranas, une guérison-rédemption saluée par le monde du football.
Le retour à la réalité, ce fut il y a quelques semaines. L'international
français, qui incarne « un nouveau Barça, plus humain », selon le
directeur sportif du club, Andoni Zubizarreta, hésite à resigner. Comment ? le
fils adoptif devenu prodigue se rebelle ? Officiellement, une sombre histoire
de durée de contrat ; officieusement, une histoire claire de fiscalité.
Si vous posez votre popotin sur un siège de
cinéma - plus ou moins confortable -, dans une salle d'art et d'essai, vous
pourriez avoir le privilège de voir le logo Europa cinemas apparaître
à l'écran. Créé en 1992, sur les deniers des Mesures pour encourager le
développement de l'industrie audiovisuelle (programme MEDIA), Europa
cinemas est le premier réseau de salles à programmer majoritairement des
films européens. Impulsé de France, présidé par le réalisateur français Claude
Miller, il s'étend aujourd’hui bien au-delà des frontières de l'Union
européenne. Aujourd'hui, il intègre des salles obscures des Balkans (Albanie,
Bosnie- Herzégovine, Serbie, Macédoine...) ou même du Caucase (Arménie,
Géorgie...). 45 pays en tout. Vers l'infini et au-delà ! Avec même des
ramifications spécifiques qui naissent en Asie ou en Méditerranée.
Et la Cinecittà brûla. Un dépôt de
matériel, un court-circuit, des flammes hautes de 30 à 40 mètres et 4 000 m2 de
studios qui partent en fumée sur les 40 hectares que compte l'antre mythique du
cinéma italien. Bien sûr, cette nuit ravageuse du 9 au 10 août 2007 ne marque
pas matériellement la fin de l'Italie sur grand écran mais le symbole est fort,
l'image crépusculaire. Car le cinéma transalpin fut grand, immense, écrasant le
Vieux Continent de sa superbe. Les studios de la Cinecittà fêteront en
avril 2012 leurs 75 ans d'existence, pour 4 000 films produits. "L'usine à
rêves" a été érigée en 1937 dans le sud-est de Rome, coincée entre autoroutes
et rails. D'inspiration mussolinienne, l'idée d'un lieu majeur de création
culturelle populaire ne devint succès qu'après la seconde guerre mondiale... et
la disparition du régime fasciste.
Euskadi ta Askatasuna
("Pays basque et liberté"), voilà la signification des trois lettres de ETA,
organisation armée qui lutte pour l'indépendance basque depuis sa création
(clandestine), en 1959. Et en ce début d'année 1982, le conflit basque connait
un tournant. Le deuxième gouvernement de la transition démocratique en Espagne,
dirigé par Leopoldo Calvo-Sotelo, propose l'amnistie aux combattants de l'ETA ,
emprisonnés ou pourchassés, en contrepartie de l'abandon de la violence. Le
président du gouvernement central est convaincu que « le problème du terrorisme
n'est pas seulement, comme on le dit régulièrement, un problème d’État, mais un
problème majeur qui menace la réalité même de l’État ».
Désormais, on peut "crébilloner" en toute
tranquillité. La flânerie devant les boutiques chics de la rue Crébillon (et de
la place Royale) est depuis le 1er juillet dernier strictement piétonne.
Première pierre à l'édifice d'un centre-ville sans voitures ? Le
calendrier établit par la ville de Nantes le suggère : rénovation du cours
des 50 otages lancée cet été, livraison de la place du Bouffay et de la
promenade Feydeau "piétonnisée" avant la fin de l'année, mise en place d'une
zone à trafic limité en centre-ville mi-2012, sans oublier les réfections de la
place Graslin et de l'esplanade du Château qui courront jusqu'à l'automne 2013.
Ouf. Une entreprise urbaine que Jean-Marc Ayrault, député-maire PS de Nantes,
justifie en ces termes « L’ambition est celle d’un centre-ville animé,
convivial, où il fait bon vivre, flâner, travailler. Où l’on profite pleinement
du charme de notre patrimoine, où l’on fait ses courses en toute tranquillité,
où l’on est protégé des nuisances de la circulation automobile ». Haro sur
la voiture donc, avec en ligne de mire les élections municipales de mars
2014.
« Si aujourd'hui je peux vivre du slam
c'est grâce à Grand corps malade mais Grand corps malade ce n'est pas le slam à
lui tout seul, simplement un slameur », met au point d'entrée Alice
Ligier. Quelle est loin la petite fille introvertie qui découvre les mots à
l'aube de ses huit ans. Un poème sur les chaussures en guise d'auto-initiation
à l'écriture et vogue la galère artistique. « Les mots m'ont toujours plu
même si je ne parlais pas beaucoup de moi, j'étais secrète ». En
exploration donc la gamine avec comme figure compréhensive quoique tutélaire sa
grand-mère. Partie trop tôt, celle-ci reste un fil conducteur pour Alice,
artiste adulte et accomplie.






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