La reconstitution historique a
tous les attributs du théâtre emmerdant : décors kitchs, jeu minimaliste ou
outrancier (c'est au choix), spectacle lénifiant... De ce point de vue
« l'Hermine noire » est renversante. Cette pièce de théâtre jouée a
maintes reprises cet été sur la presqu'ile Guérandaise (région à la lisière de
la Bretagne et des Pays de la Loire) met en scène l'histoire de Anne Bretgane
et les péripéties du rattachement (ou de la résistance diront certains) de la
Bretagne à la France. Emmerdant ? Pourtant le cocktail est pétaradant : sex,
war and politics au Pays Bigoudin. On couche, on flingue et on conspire à tour
de bras. Le tout donne une sorte de Tontons flingueurs sur planches ou de
Tarantino au Moyen Age, tant pour les dialogues que pour les fusillades.
De la gauche à la droite de
l'échiquier politique, le terme de régulation est devenu un incontournable. Un
quasi totem. Sur ce point, il y a clairement un avant et un après crise -
une dépression économico-financière qui a débutée il y a maintenant
pratiquement 2 ans. Joseph Stiglitz, Prix Nobel d'économie, résume clairement
le constat en vigueur : « Laisser le marché tout régler ne fonctionne
pas ». Si dans le discours tout le monde s'accorde sur cette idée, même
ceux qui furent des plus néo-libéraux, dans les actes la chose est moins aisée.
Illustration de cette chimère régulatrice : la libéralisation des jeux d'argent
en ligne.
Une foule de supporters
bariolés de ciel et blanc, des verres de bière à toutes les mains, des chants a
n'en plus finir... L'unique entrée du Stade de la Meinau de Strasbourg est un
goulet d'étranglement humain. On pénètre ensuite dans l'arène, forcément
immense quand on la découvre avec ses yeux d'enfant. Puis on se place debout
dans le quart de virage - point de places assises en catégorie
« populaire » à cette époque - alors qu'en face les ultras
strasbourgeois des UB90 rugissent déjà. On aimerait en être. Les équipes
rentrent sur le terrain, les tifos et les fumigènes recouvrent toutes les
tribunes de la Meinau. C'est un derby RC Strasbourg contre FC Metz, le stade
est comme en fusion. 90 minutes plus tard l'enceinte explose : ce 11 avril 1995
Strasbourg va en finale de Coupe de France en s'imposant 1-0. 14 mai 2010, soit
15 ans plus tard, le RCS descend en National et flirte avec la rétrogradation
administrative en CFA.
Mieux que les Experts de Las Vegas, Miami ou New
York, il y a les agents de la Commission européenne et de la Banque centrale
européenne (BCE) en Grèce. Depuis 3 semaines, main dans la main avec ceux du
Fonds monétaire international (FMI), ils effectuent des descentes dans les
ministères grecques « dépensiers ». Ces limiers épluchent les
comptes, dissèquent les dépenses et font la traque au gaspillage. Car le plan
d'austérité du gouvernement de George Papandreou - qui obéit aux
recommandations du FMI et de l'UE – vise à économiser 30 milliards d'euros sur
3 ans. Soit une réduction du déficit budgétaire de 8,1% du PIB aujourd'hui à
2,6% du PIB en 2013. L'Europe se fait ainsi gardienne du temple de l'orthodoxie
budgétaire grecque. Un réveil bien tardif.
L'homme de gauche ne déteste pas
Dominique de Villepin. Il éprouve une vielle empathie pour l'ancien ministre
des Affaires étrangères. Elle est née le 14 février 2003 dans l'enceinte
guindée du Conseil de sécurité de l'ONU. Ce jour la, l'éloquence chevaleresque
de Galouzeau de Villepin fit mouche face aux velléités pétrolo-guerrières de
Bush fils en Irak : « Dans ce temple des Nations unies, nous sommes les
gardiens d'un idéal, nous sommes les gardiens d'une conscience. La lourde
responsabilité et l'immense honneur qui sont les nôtres doivent nous conduire à
donner la priorité au désarmement dans la paix ». Derrière la vulgate
gaulliste anachronique, le plaidoyer pacifiste et multilatéraliste ne pouvait
que plaire à l'homme de gauche. Une empathie encore amplifiée par la haine d'un
Nicolas Sarkozy voulant pendre Villepin « à un crochet de boucher ».
S'est oublié la vie et l'œuvre de Dominique de Villepin, qui n'ont rien de
progressiste ou de morale.
La question écologique opposée à la question
sociale ? C'est contre cette idée reçue que l'Agence de l'Environnement et de
la Maîtrise de l'Énergie et l'Université de Nantes ont mené une étude sur les
salariés et le développement durable. Une enquête d'une ampleur inédite : plus
de 1700 salariés ont été interrogés à cette occasion. L'aspiration des salariés
est claire : ils veulent du concret et du participatif en matière écologique.
94% des personnes interrogées se déclarent pour le tri, le recyclage et la
diminution des déchets. Pratiquement autant de travailleurs se disent
favorables à l'optimisation de leurs consommations d'énergie. Le salarié veut
prolonger sur son lieu de travail la chasse au gaspillage qu'il effectue déjà
chez lui. Un éco-citoyen partout, tout le temps en somme. Pour Séverine Millet,
consultante en sociologie de l'environnement : « L'écologie n'est plus
uniquement vue comme une catastrophe ni une contrainte, mais bien aussi comme
une véritable opportunité de mieux vivre ensemble, de changement social profond
et comme une solution de sortie de crise ». Reste à mettre en musique cette
belle partition écologique dans les entreprises (
La fable politique était presque
parfaite. Il y avait d'un côté le vieux lion socialiste, de l'autre le jeune
fauve sarkozyste. A ma gauche Jacques Auxiette, président PS sortant de la
région Pays de la Loire, l'oncle un peu grincheux à la voix rocailleuse. A ma
droite Christophe Béchu, son challenger UMP, le gendre plein d'allant aux
propos ciselés. Le second devait manger le premier sur ces terres ligériennes
qui réputées regagnables pour la droite, c'était oublié qu'un « 21 avril à
l'envers » avait mis François Fillon au tapis en 2004 et que Roselyne
Bachelot avait gentiment refusé d'aller à la boucherie électorale en 2010.
Monsieur Béchu a perdu dans des proportions jamais vu pour un candidat
conservateur sur les berges de la Loire. 159 094 voix d'écarts avec son
adversaire socialiste et seulement 43,61% des suffrages. Une étoile montante du
sarkozysme touchée en plein ciel.
« Le PSG, tu te fais chier 90 minutes, et
puis ensuite tu rêves pendant une semaine ». Les pathétiques errements
sarkozystes de l'ex-Nul Dominique Farrugia n'ont pas altéré sa drôlerie. Oui,
être supporter du PSG c'est s'infliger une souffrance footballistique larvée et
une détestation généralisée. Car l'arrogante agressivité du club de la capitale
démultiplie la motivation des formations provinciales pour battre les « parigos
». Pendant ce temps l'ennemi olympien a créé une empathie tous azimuts sur un
seul exploit (la Ligue des Champions 1993) et un bouillonnement populiste
continue. Mais le supporter du PSG s'en fout car il sait que pendant la piteuse
décennie 1998-2008 sur le plan du jeu, le PSG a ajouté cinq lignes à son
palmarès quand les sudistes ne glanaient qu'une minable Coupe Intertoto.
Pauleta a il est vrai sauvé le PSG du déshonneur décanal avec son
impitoyabilité dans les 18 mètres et Dhorasso a eu la bonne idée de planter son
seul pion sous le maillot bleu et rouge en finale de la Coupe de France 2006
face à... l'OM.






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